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Douleur à la symphyse pubienne pendant la grossesse : l'ostéopathie peut-elle vraiment vous soulager ?

13/08/2026
Douleur à la symphyse pubienne pendant la grossesse : l'ostéopathie peut-elle vraiment vous soulager ?
Douleur au pubis en grossesse ? Syndrome de Lacomme, ostéopathie adaptée et évolution après l'accouchement : tout ce qu'il faut savoir

Trop souvent, les douleurs pelviennes de la grossesse sont balayées d'un revers de main : « C'est normal, ça passera après l'accouchement. » Pourtant, quand chaque pas devient une épreuve, quand se retourner dans le lit réveille une douleur fulgurante au pubis, il ne s'agit plus d'un simple désagrément. Cette douleur à la symphyse pubienne pendant la grossesse porte un nom précis : le syndrome de Lacomme, et elle concerne une proportion significative de femmes enceintes — environ 20 % selon les estimations courantes, bien que les chiffres varient considérablement selon les critères retenus. Nommer ce trouble, c'est déjà commencer à le prendre en charge. Ostéopathe D.O. à Salon-de-Provence, spécialisée en périnatalité, Aline Garnier accompagne régulièrement des futures mamans confrontées à ces douleurs invalidantes, en proposant une approche douce, globale et adaptée à chaque trimestre.

Ce qu'il faut retenir
  • Le syndrome de Lacomme (aussi appelé « douleur pelvienne liée à la grossesse » ou « instabilité de la symphyse pubienne ») touche entre 7,3 % et 45,3 % des femmes enceintes selon la définition retenue, et survient le plus souvent entre la 24e et la 36e semaine d'aménorrhée.
  • L'ostéopathie agit sur trois axes complémentaires — mobilité du bassin osseux, relâchement des ligaments utérins et détente de la musculature pelvienne — et un bassin correctement rééquilibré répartit mieux les pressions sur le plancher pelvien, ce qui peut limiter les risques de traumatisme périnéal lors de l'accouchement.
  • Des gestes simples au quotidien réduisent la sollicitation de la symphyse : se lever en passant par le côté, garder les jambes serrées lors des transferts, glisser un coussin entre les genoux la nuit, et monter les escaliers à reculons en cas de douleur intense.
  • Environ 8 à 10 % des femmes souffrent encore 1 à 2 ans après l'accouchement ; une rééducation de stabilisation lombo-pelvienne (renforcement des adducteurs et des fessiers) associée à un suivi ostéopathique si des douleurs persistent montre une efficacité prouvée pour améliorer la qualité de vie en post-partum.

Syndrome de Lacomme : pourquoi votre bassin vous fait-il autant souffrir ?

Un syndrome aux multiples appellations

Décrit pour la première fois en 1962 par le Dr Maurice Lacomme, alors président de l'Académie Nationale de Médecine, ce syndrome correspond à une distension des articulations du bassin : la symphyse pubienne en avant et les articulations sacro-iliaques en arrière. Dans le milieu médical, il est également désigné sous les termes « instabilité de la symphyse pubienne », « arthropathie de la symphyse pubienne » ou encore « douleur pelvienne liée à la grossesse (DPLG) ». Son nom médical complet — « syndrome ostéo-musculo-articulaire abdomino-pelvien bénin » — est rassurant sur un point : il n'est pas dangereux en soi. Mais le mot « bénin » ne doit pas masquer la réalité vécue par les femmes qui en souffrent. Si l'un de ces termes vous a été donné en consultation, sachez qu'ils recouvrent tous la même réalité clinique.

Le rôle central de la relaxine et les facteurs aggravants

Pour comprendre le mécanisme, il faut visualiser la symphyse pubienne. Il s'agit d'un pont de fibrocartilage situé à l'avant du bassin, juste au-dessus des organes génitaux, reliant les deux os du pubis. En temps normal, cette articulation est très peu mobile, avec un écartement d'environ 5 mm. Pendant la grossesse, une hormone appelée relaxine — produite d'abord par le corps jaune, puis par le placenta — relâche progressivement les ligaments et les articulations du bassin pour préparer le passage du bébé lors de l'accouchement. Cette hormone connaît des pics de sécrétion notables au 1er et au 3e trimestre, ce qui explique pourquoi certaines femmes ressentent une recrudescence de leurs douleurs en fin de grossesse, même si celles-ci s'étaient atténuées en milieu de grossesse. L'écartement de la symphyse peut alors atteindre 10 à 11 mm, ce qui reste physiologique.

Le problème survient lorsque ce relâchement devient excessif. En parallèle, l'augmentation du volume abdominal déplace le centre de gravité vers l'avant, créant une hyperpression sur le bassin. À chaque pas, le mouvement d'élévation de la jambe génère un effet de cisaillement sur la symphyse pubienne, directement source de douleur. Les muscles stabilisateurs — adducteurs, abdominaux, muscles du plancher pelvien — se contractent alors en réflexe pour tenter de compenser cette instabilité. Paradoxalement, ce spasme musculaire aggrave les tiraillements et peut déclencher une inflammation. Lorsque cette inflammation s'installe dans les structures musculaires contractées en réflexe, la douleur devient présente non seulement au mouvement mais aussi au repos ; au toucher, le pubis est alors sensible « comme meurtri », avec une sensation de gonflement localisé — signe clinique distinctif permettant de différencier une douleur mécanique pure d'une inflammation installée.

Les douleurs apparaissent le plus souvent entre la 24e et la 36e semaine d'aménorrhée, soit entre le 6e et le 8e mois de grossesse, mais certaines femmes les ressentent dès la 18e semaine. Lors de grossesses gémellaires, elles peuvent même se manifester dès le 3e mois en raison du poids utérin plus important. Parmi les facteurs de risque identifiés dans la littérature, on retrouve les antécédents de lombalgie ou de traumatisme du bassin avant la grossesse (cités dans les recommandations du syndicat national de gynécologie-obstétrique) ainsi qu'une hypokaliémie (baisse du taux de potassium), un facteur distinct du déficit en magnésium également documenté pour ses effets sur les tensions ligamentaires.

Quant à la prévalence du syndrome, les estimations varient considérablement : selon une revue de littérature de 2004 citée dans un mémoire de l'Université de Lorraine, l'incidence atteint 45,3 % (tous stades confondus) pendant la grossesse, mais tombe à 7,3 % selon la définition stricte retenue par l'Encyclopédie Médico-Chirurgicale (EMC). Cette disparité s'explique en partie par une sous-déclaration : une différence de 20 % est observée entre les données issues des dossiers médicaux et celles obtenues par questionnaires auto-administrés (Wu et coll., 2004), confirmant que les femmes minimisent souvent leurs douleurs auprès de leur médecin.

???? À noter : si vous avez des antécédents de lombalgie chronique, de traumatisme du bassin (chute sur le coccyx, fracture ancienne) ou si un déficit en potassium ou en magnésium a déjà été identifié lors d'un bilan sanguin, signalez-le à votre médecin, à votre sage-femme et à votre ostéopathe dès le début de la grossesse. Ces facteurs de risque peuvent justifier une surveillance plus attentive et une prise en charge préventive précoce.

Comment reconnaître une douleur de la symphyse pubienne liée à la grossesse ?

Des symptômes caractéristiques et invalidants

Les symptômes du syndrome de Lacomme sont assez caractéristiques. Les femmes décrivent des douleurs au niveau du pubis, du périnée et du bas du bassin, souvent ressenties comme des brûlures ou un élastique trop tendu. Ces douleurs irradient fréquemment dans l'aine, les cuisses, les fesses, et parfois de chaque côté du nombril. Une sensation de pesanteur dans le bas du ventre peut donner l'impression que l'accouchement est imminent, ce qui génère une anxiété compréhensible.

D'autres signes sont révélateurs : des claquements ou craquements dans le bassin lors de certains mouvements, une aggravation nette en montant les escaliers, en se levant d'une chaise ou en se retournant dans le lit. Dans les cas les plus sévères, la marche devient impossible sans aide, et certaines patientes adoptent spontanément une démarche « en canard », avec des pas glissés, pour éviter le mouvement de cisaillement à chaque levée de jambe.

???? Exemple concret : Mélanie Charvet, 32 ans, enceinte de son deuxième enfant, a consulté au cabinet d'Aline Garnier à 28 semaines d'aménorrhée. Elle décrivait une douleur brûlante au pubis apparue progressivement depuis deux semaines, irradiant dans l'aine droite et s'aggravant chaque soir en se retournant dans le lit. Ayant subi une chute sur le coccyx lors d'une randonnée trois ans auparavant, elle présentait un facteur de risque identifié. Son médecin avait écarté une menace d'accouchement prématuré, et le diagnostic de syndrome de Lacomme avait été retenu. Après trois séances d'ostéopathie espacées de deux semaines — centrées sur la mobilité sacro-iliaque et le relâchement du psoas et des adducteurs —, ses douleurs avaient diminué de façon notable, lui permettant de reprendre ses promenades quotidiennes avec son fils aîné.

Un diagnostic qui repose sur l'élimination d'autres causes

Un point essentiel à retenir : le syndrome de Lacomme est un diagnostic d'élimination. Autrement dit, il ne peut être confirmé qu'après avoir écarté d'autres pathologies potentiellement graves — menace d'accouchement prématuré, infection urinaire, grossesse ectopique. Les examens biologiques sont normaux dans ce syndrome. L'IRM sans injection (à éviter au 1er trimestre) ne sert pas à confirmer le syndrome de Lacomme, mais uniquement à exclure des diagnostics différentiels graves tels que la spondylarthrite ankylosante ou une lésion tumorale ; le syndrome lui-même se confirme exclusivement par l'examen clinique et l'exclusion des autres causes. Le médecin peut également utiliser le test de Patrick (FABER), qui consiste à exercer une pression sur le genou lorsque le talon est posé sur le genou opposé, pour reproduire la douleur sacro-iliaque ou pubienne.

Ostéopathie et douleur symphyse pubienne en grossesse : une prise en charge concrète

Des options médicamenteuses limitées

Face à ces douleurs, les options médicamenteuses sont limitées pendant la grossesse. Le paracétamol, prescrit en première intention, reste souvent insuffisant. Les anti-inflammatoires sont contre-indiqués, à l'exception d'un usage très restreint au 2e trimestre. Dans les cas de douleur ponctuelle et très intense au niveau de la symphyse pubienne, une infiltration locale de corticoïdes peut être envisagée par le médecin. Une complémentation en magnésium — documentée pour son effet sur les tensions ligamentaires — peut également être discutée avec le médecin ou la sage-femme, sans jamais recourir à l'automédication pendant la grossesse. C'est précisément dans ce contexte que l'ostéopathie représente une alternative non médicamenteuse particulièrement pertinente.

Trois axes de travail pour l'ostéopathe

Concrètement, l'ostéopathe spécialisé dans l'accompagnement de la femme enceinte travaille sur plusieurs axes. Le premier concerne la mobilité du bassin osseux : articulations sacro-iliaques, symphyse pubienne, articulations lombo-sacrées et coxo-fémorales. L'objectif est de redonner à ces structures leur mobilité optimale pour diminuer les compressions et les douleurs. Le deuxième axe porte sur les ligaments de soutien de l'utérus — ligaments larges, ronds et utéro-sacrés — dont les tensions peuvent déséquilibrer les lignes de force du bassin et tirer sur la symphyse pubienne ou le sacrum.

Le troisième axe concerne la musculature pelvienne : psoas, obturateurs, plancher pelvien. Les études de Stuge et collaborateurs ont d'ailleurs mis en évidence une augmentation du tonus périnéal chez les patientes douloureuses, ce qui justifie pleinement ce travail de relâchement musculaire. L'ostéopathe examine également l'ensemble du corps, car une ancienne entorse de cheville, par exemple, peut créer des tensions remontant jusqu'au bassin et entretenir le déséquilibre. Toutes les techniques employées sont exclusivement externes, douces et sans danger pour le bébé.

Au-delà du soulagement direct de la douleur, un bassin correctement rééquilibré par l'ostéopathe répartit mieux les pressions sur le plancher pelvien, ce qui peut limiter les risques de traumatisme périnéal lors de l'accouchement. Il s'agit d'un bénéfice indirect souvent méconnu, mais particulièrement intéressant pour préparer le corps à la naissance.

Sur le plan scientifique, une revue de 2022 publiée par Ruffini et collaborateurs a montré que le traitement ostéopathique peut être efficace pour soulager les douleurs lombaires et améliorer les fonctions physiques pendant la grossesse. Il convient toutefois de mentionner que les études à grande échelle spécifiques aux douleurs pelviennes restent limitées et hétérogènes. Les résultats sont prometteurs, mais ne remplacent en aucun cas un suivi médical rigoureux.

???? Conseil : n'attendez pas que la douleur devienne quotidienne pour consulter. Plus la prise en charge ostéopathique est précoce, moins les compensations posturales et les contractures musculaires ont le temps de s'installer. Une ou deux séances au début des symptômes suffisent souvent à prévenir l'aggravation, alors que plusieurs séances peuvent être nécessaires lorsque l'inflammation est déjà installée.

Gestes du quotidien pour limiter la douleur pelvienne pendant la grossesse

En complément des séances d'ostéopathie, plusieurs gestes simples peuvent considérablement réduire la sollicitation de la symphyse pubienne au quotidien :

  • Ne jamais se lever de face depuis le lit : basculez d'abord sur le côté, puis poussez-vous en position assise avec les bras, pour éviter le cisaillement.
  • Garder les jambes serrées et bouger en bloc lors de tous les transferts — sortie de voiture, montée sur la table d'examen, déplacements au lit.
  • Porter une ceinture pelvienne de soutien pendant les activités debout pour stabiliser le bassin (certaines mutuelles la remboursent sur ordonnance).
  • Glisser un coussin ou un traversin entre les genoux la nuit pour maintenir le bassin aligné et réduire la pression sur la symphyse.
  • Pratiquer les exercices de Kegel — contractions du périnée maintenues 5 secondes, répétées 10 à 15 fois — pour tonifier le plancher pelvien et stabiliser l'articulation pubienne. Ces exercices présentent un double bénéfice : en plus de soutenir la symphyse, ils diminuent la fréquence et l'importance des fuites urinaires en post-partum.
  • Alterner les positions toutes les 20 à 30 minutes ; en cas de crise intense, préférer le vélo d'appartement à la marche, car il supprime le mouvement de cisaillement.
  • En cas de douleurs intenses dans les escaliers, les monter à reculons : cette astuce réduit la traction exercée sur les ligaments de la symphyse pubienne lors du lever de jambe.

???? Conseil : en cas de crise aiguë, appliquer de la glace (effet anti-inflammatoire) ou de la chaleur (effet décontracturant) sur la zone pubienne peut apporter un soulagement temporaire. Attention toutefois : ne dépassez pas 10 minutes par heure avec une bouillotte ou une ceinture chauffante pour ne pas augmenter la température corporelle du bébé. Enveloppez toujours la source de froid ou de chaleur dans un linge pour protéger la peau.

Quand faut-il consulter en urgence plutôt que l'ostéopathe ?

Il est recommandé de consulter un ostéopathe dès que la douleur commence à gêner la marche, le sommeil ou les activités du quotidien. Plus la prise en charge est précoce, moins les compensations posturales ont le temps de s'installer.

En revanche, certaines situations nécessitent une consultation médicale urgente — auprès d'un médecin ou d'une sage-femme, et non de l'ostéopathe seul : des contractions régulières associées aux douleurs pubiennes (suspicion de menace d'accouchement prématuré), une fièvre avec impotence fonctionnelle des membres inférieurs (suspicion de symphysite infectieuse, rare mais grave), une diminution significative des mouvements du bébé, ou des douleurs si intenses que tout appui est impossible. Ce dernier cas peut correspondre à un écartement de la symphyse dépassant 10 mm, nécessitant une mise en décharge et un traitement antalgique médicalisé.

Après l'accouchement : les douleurs de la symphyse pubienne disparaissent-elles ?

Un rétablissement progressif, mais pas toujours immédiat

Bonne nouvelle : dans la grande majorité des cas, les symptômes s'estompent progressivement après la naissance. Mais pas immédiatement. La relaxine met en moyenne 5 à 12 mois pour revenir à son taux pré-grossesse, maintenant une laxité ligamentaire qui peut prolonger l'instabilité pelvienne et les douleurs articulaires bien au-delà de l'accouchement.

Environ 8 à 10 % des femmes continuent de souffrir pendant 1 à 2 ans après la naissance — un risque nettement plus élevé lorsque les douleurs n'ont pas été prises en charge pendant la grossesse. En post-partum, l'ostéopathie peut compléter efficacement la rééducation périnéale classique : rééquilibrer la zone pelvienne, soulager les douleurs résiduelles, améliorer le tonus du périnée. La rééducation de stabilisation lombo-pelvienne — exercices ciblés incluant le renforcement des adducteurs et des fessiers — montre par ailleurs une efficacité prouvée pour réduire les douleurs et améliorer la qualité de vie après l'accouchement. Une étude a d'ailleurs montré une amélioration significative de la douleur et de la fonction chez les femmes bénéficiant d'un accompagnement ostéopathique après l'accouchement.

???? À noter : une consultation ostéopathique en post-partum n'est justifiée que si des douleurs persistent après la naissance. Il n'existe pas d'indication à une consultation systématique si la femme ne souffre pas. En revanche, si les douleurs pelviennes se prolongent au-delà de six semaines après l'accouchement, n'hésitez pas à en parler à votre médecin ou à votre sage-femme afin d'être orientée vers une prise en charge adaptée.

Si vous ressentez des douleurs au bassin pendant votre grossesse, ne les banalisez pas. Aline Garnier, ostéopathe D.O. à Salon-de-Provence, vous accueille dans son cabinet pour une prise en charge personnalisée et adaptée à votre trimestre. Spécialisée en périnatalité et formée aux techniques crâniennes, viscérales et structurelles, elle propose un accompagnement global — de la grossesse au post-partum — dans un cadre bienveillant et sécurisant. N'attendez pas que la douleur devienne invalidante : une consultation précoce peut faire toute la différence.